Le Nilomètre
Le Nilomètre est situé sur l’île de Roda, dans un endroit paisible et charmant, à l’écart des circuits touristiques traditionnels. C’est le plus ancien monument islamique du Caire qui ait survécu pratiquement intact. Jusqu’à la construction du haut barrage d’Assouan, la vie en Égypte était rythmée par les crues annuelles du Nil. La plupart des années, les eaux du fleuve inondaient la vallée, puis se retiraient, laissant derrière elles un sol alluvionnaire extrêmement fertile.
Bien que des preuves indiquent qu’un nilomètre existait déjà à cet endroit à l’époque pharaonique, celui-ci fut construit en 861 après J.-C. Comme ceux édifiés des millénaires auparavant, ce nilomètre servait à mesurer la montée et la descente du Nil, et ainsi prédire les perspectives de la récolte annuelle. Si l’eau montait à 16 coudées (une coudée correspond à peu près à la longueur d’un avant-bras, soit 8,6 mètres ou 22 pieds), la récolte s’annonçait bonne, donnant lieu à l’une des plus grandes fêtes du Moyen Âge. Si le niveau était plus élevé, cela pouvait causer des inondations désastreuses. S’il était plus bas, la famine menaçait. Le rendement agricole était estimé, et les impôts fixés, en fonction du niveau du Nil au mois d’août, tel que mesuré par une série de nilomètres d’Assouan à Roda en passant par la Vallée et le Delta.
Le nilomètre est un instrument sophistiqué. Il se compose d’un puits qui s’étend bien en dessous du niveau du Nil, et qui est relié au fleuve par des tunnels creusés à trois niveaux sur sa rive est. L’instrument de mesure, une colonne graduée, se trouve sous le niveau du Nil, au fond d’un escalier escarpé que le gardien se fera un plaisir de vous laisser descendre. De sobres inscriptions koufiques ornent les murs du nilomètre, et constituent les plus anciens exemples conservés d’épigraphie architecturale en Égypte. Ces inscriptions étaient à l’origine gravées dans du marbre blanc sur fond bleu, les lettres étant laissées dans la couleur naturelle de la pierre.
À proximité, vous pouvez aussi visiter le Musée de la légendaire chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, un lieu incontournable pour ceux qui souhaitent découvrir la musique du Moyen-Orient. Ce musée est dédié à la plus célèbre chanteuse du monde arabe, une icône féminine décédée en 1975, mais dont la notoriété reste immense aujourd’hui encore. Le musée est soigneusement aménagé, et présente ses objets personnels, sa musique, ainsi que des documents sur sa vie et sa carrière.
